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Le wax : de Java à Helmond, puis à Accra
15 octobre 2026
Sur un étal du marché d'Accra, une commerçante soulève une longueur de tissu et l'appelle d'un nom qui n'a rien à voir avec son motif : « Les pauvres ne mangent pas de pierres ». Un autre coupon s'appelle « Efie aboseaa », le gravier ; un autre, « Subura », un puits. Un autre dessin s'appelle « Tu voles, je vole », prisé des jeunes mariées comme promesse de fidélité ; un autre encore, « Mama Benz », rappelle une Mercedes achetée par une famille togolaise de marchands de tissus (Hyperallergic ; MyJoyOnline, en anglais). Ces noms sont la partie surprenante. L'étoffe elle-même a été conçue aux Pays-Bas, dans une ville appelée Helmond, comme une réponse industrielle à un savoir-faire venu de l'autre bout du monde. On l'appelle wax, Dutch wax, ankara, kitenge, chitenge, chitenje, selon l'endroit où l'on se tient. C'est sans doute le textile le plus visible d'Afrique et, en même temps, l'un des plus contestés. Cet article retrace comment un savoir-faire javanais est devenu un produit néerlandais, puis une mode ouest-africaine, et pourquoi la question « est-ce vraiment africain ? » n'a pas de réponse unique. ## Java : le savoir-faire que les Néerlandais voulaient copier
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