Gara (Sierra Leone) · Taka (Mandinka)
Le Victoria and Albert Museum note que la Sierra Leone a une longue histoire de teinture par nouage et de batik, tous deux connus sous le nom de gara, d'après les feuilles de l'indigotier dont on tire le bleu traditionnel. Le gara est traditionnellement fait avec de la teinture de feuille d'indigo et/ou de noix de kola, ce qui donne des motifs bleus et/ou ocre. Nous n'avons trouvé aucune date de fondation fiable. Des reportages de Makeni décrivent des familles de gara qui disent que leur savoir-faire est venu avec elles du Mali ; c'est un récit familial, non une histoire documentée.
Le gara recouvre deux familles de travail. Dans la teinture par nouage, l'étoffe est pliée, plissée ou froncée et ligaturée avant d'être plongée, de sorte que la teinture n'atteint pas les zones nouées. Le mot mandingue taka, « nouer », désigne le pliage, la ligature et la teinture qui produisent un dessin rayé. Dans le batik, une réserve est appliquée sur l'étoffe avant la teinture. Certains récits ajoutent que l'étoffe teinte est battue avec de lourds maillets en bois pour obtenir un lustre qui résiste à la saleté.
Le gara est associé à Freetown et à la ville de Makeni, où Britannica le décrit comme une activité importante des femmes du lieu. Le savoir-faire se transmet par apprentissage, souvent au sein des familles. Un exemple documenté est celui de la teinturière mende Hawa Moiwai, née en 1972 à Bunumbu, qui a fait son apprentissage à partir de 1989 pendant environ sept ans auprès de sa tante Kadijatu Kamara à Freetown, puis auprès du spécialiste Pa Foday ; sa grand-mère était aussi teinturière de gara. Une thèse de 2012 de l'université du Missouri, de Kathryn Catalano-Knaack, étudie l'histoire des textiles teints à l'indigo en Sierra Leone à travers l'œuvre de Hajjah Khadijatu Kamara, l'une des rares teinturières de gara nommées.
Les teintures synthétiques sont devenues de plus en plus populaires en Sierra Leone à partir des années 1960, et le gara apparaît aujourd'hui dans une large gamme de couleurs. L'indigo reste le pigment traditionnel et le plus répandu. Le gara contemporain sert aussi à confectionner des vêtements : une robe de 1994 dans la collection du V&A adapte la robe ample à larges manches d'Afrique de l'Ouest (boubou ou caftan) en coton teint par nouage multicolore, achetée dans le centre de Freetown.
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