Sëru rabeul (Wolof)
Le pagne manjak était à l'origine réservé aux rites funéraires et aux grandes cérémonies (naissances, baptêmes, fiançailles et mariages), accompagnant la vie manjak de la naissance à la mort. Le savoir-faire est aujourd'hui soutenu en partie par les …
L'étoffe manjak tissée appartient au peuple manjak (Manjaco), originaire de l'actuelle Guinée-Bissau et établi aujourd'hui dans la région sénégalaise de la Casamance, en Gambie et au Cap-Vert. À Dakar, le savoir-faire est lié à une légende locale selon laquelle un esprit aurait enseigné la technique à un homme manjak du village de Kalëkis : une tradition transmise oralement plutôt qu'un événement historique documenté.
Le pagne manjak était à l'origine réservé aux rites funéraires et aux grandes cérémonies (naissances, baptêmes, fiançailles et mariages), accompagnant la vie manjak de la naissance à la mort. Le savoir-faire est aujourd'hui soutenu en partie par les Ateliers de la Communauté Mandjak (Acoma), coopérative fondée en 1978 dans le quartier de Fass, à Dakar, qui compte plus d'une centaine de membres, formée en réaction au déclin du filage du coton au Sénégal et à l'exode des jeunes apprentis du métier.
L'étoffe manjak tissée survit aujourd'hui comme un savoir-faire de niche, vendue dans des boutiques spécialisées de Dakar et de Saint-Louis et adoptée par des créateurs comme Aïssa Dione, plutôt que par la production industrielle.
L'étoffe est tissée à la main sur un métier horizontal à bandes étroites, qui produit des bandes généralement larges d'environ 30 cm (de 20 à 90 cm selon l'usage prévu). Un tisserand habile produit environ 3 à 5 mètres d'étoffe tissée par jour. Les bandes tissées sont ensuite cousues ensemble à la main, ourlets, franges et jonctions étant finis à la main.
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